Lettre #8 – Comprendre les impacts pour mieux agir
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Comprendre les impacts du numérique pour mieux agir : cette huitième lettre de la MiNumEco rassemble des initiatives, ressources et retours d’expérience pour accompagner la transformation des pratiques numériques publiques.
Intelligence artificielle, sensibilisation des agents, écoconception, durée de vie des smartphones ou encore mobilisation des ministères : cette édition montre la diversité des leviers permettant de réduire concrètement l’empreinte environnementale du numérique.
Édito
Le 19 avril marquait le jour du dépassement pour la France : la date à laquelle, si toute l’humanité vivait comme les Françaises et les Français, nous aurions consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en une année.
Ce constat rappelle l’urgence à agir sur l’ensemble de nos modes de production et de consommation. Le numérique ne fait pas exception : derrière des usages souvent perçus comme immatériels se trouvent des équipements, des matières premières, des infrastructures et de l’énergie.
Cette nouvelle lettre rassemble quelques inspirations et actions pour continuer à réduire ensemble l’empreinte environnementale du numérique public.
Il s’agit à la fois de mieux comprendre nos impacts, de déconstruire certaines idées reçues, de former et mobiliser les agents publics, mais aussi d’intégrer la sobriété et l’écoconception directement dans nos projets et nos politiques numériques.
Mélanie Raphaël
Pilote de la Mission interministérielle numérique écoresponsable – DINUM
Porter le numérique responsable au cœur de l’innovation
À l’occasion de VivaTech 2025, la MiNumEco participe à plusieurs temps d’échange sur le stand du numérique de l’État.
Trois sujets illustrent la diversité des questions désormais associées au numérique responsable :
- mesurer l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle et identifier les leviers d’action ;
- construire une stratégie pour réduire l’empreinte environnementale du numérique public ;
- croiser souveraineté, environnement et impacts sociaux du numérique.
Ces échanges permettent de rappeler qu’innovation technologique et responsabilité ne doivent pas être pensées séparément. L’enjeu est au contraire de questionner les usages, les ressources mobilisées et les conséquences environnementales et sociales des solutions numériques.
MiNumÉchos : une nouvelle saison pour approfondir les enjeux
La deuxième saison de MiNumÉchos, le podcast du numérique public responsable, s’organise autour de trois séries thématiques.
🤖 IA et environnement
Comment comprendre et réduire les impacts environnementaux et sociétaux de l’intelligence artificielle ? Cette série propose de croiser différents points de vue pour mieux éclairer les choix publics.
⛏️ Les métaux, un enjeu du numérique
Nos équipements dépendent de nombreuses ressources minérales dont l’extraction et la transformation génèrent des impacts environnementaux importants et soulèvent également des enjeux d’approvisionnement.
👥 Mobiliser les agents publics
La transformation des pratiques repose aussi sur la sensibilisation et l’engagement des agentes et agents. Cette série explore les méthodes permettant de faire connaître les impacts du numérique et surtout de transformer la prise de conscience en action.
Quelle finalité pour l’intelligence artificielle ?
Pour ouvrir cette nouvelle saison, Fabienne Tatot, représentante des salariés au Conseil économique, social et environnemental (CESE), revient sur l’avis consacré aux impacts environnementaux de l’intelligence artificielle.
Au-delà de la seule performance technique, son témoignage invite à poser une question essentielle : quelle finalité donnons-nous à l’usage de l’IA ?
Sobriété, régulation et éthique font partie des leviers permettant de mieux orienter son développement et de mettre les ressources mobilisées en regard de l’utilité réelle des usages.
Sensibiliser pour faire évoluer les pratiques
Dans le deuxième épisode, Morgane Chanvillard, de la Fresque du Numérique, revient sur cet atelier collaboratif désormais largement utilisé pour sensibiliser aux impacts environnementaux du numérique.
La Fresque permet de comprendre les grandes étapes du cycle de vie du numérique, les ressources mobilisées et les principaux postes d’impact.
Mais la sensibilisation n’est qu’une première étape : l’enjeu est ensuite de permettre aux participantes et participants de transformer cette compréhension en décisions et en actions concrètes dans leurs organisations.
Les référentes et référents NumEco dans les ministères
Cette lettre poursuit également la série de portraits consacrée aux référentes et référents numérique écoresponsable des ministères.
Deux nouveaux témoignages permettent de découvrir les actions de :
- Philippe Laroque, référent NumEco au ministère des Armées ;
- Delphine Deneubourg et Jean-Noël Nicolas, référents au ministère de la Justice.
Ce réseau interministériel joue un rôle essentiel pour décliner les orientations nationales dans les administrations, mobiliser les équipes, partager les pratiques et accompagner la mise en œuvre des feuilles de route numérique écoresponsable.
Faire progresser l’écoconception des services numériques
Un an après la publication de la deuxième version du Référentiel général d’écoconception des services numériques (RGESN), l’Arcep et l’Arcom ont organisé le premier Forum des parties prenantes de l’écoconception numérique.
Ce temps d’échange permet de confronter les pratiques, de partager les retours d’expérience et de poursuivre collectivement l’évolution de l’écoconception des services numériques.
L’écoconception repose sur une approche globale : interroger le besoin, limiter les fonctionnalités et ressources inutiles, concevoir des services durables et prendre en compte l’ensemble de leur cycle de vie.
Adapter l’écoconception aux secteurs de la santé et du médico-social
L’Agence du numérique en santé et la Délégation au numérique en santé ont publié un rapport consacré à l’adaptation de l’écoconception des services numériques aux spécificités des secteurs de la santé et du médico-social.
Ces secteurs présentent des contraintes particulières : disponibilité des services, sécurité des données, accessibilité, diversité des professionnels et des publics.
Le rapport montre que l’écoconception ne doit pas être considérée uniquement comme une contrainte supplémentaire. Elle peut au contraire constituer une opportunité pour interroger les besoins, améliorer la conception des services et rechercher simultanément sobriété, durabilité et performance.
Smartphones : la durée d’usage reste un enjeu majeur
84 % des utilisateurs changent de smartphone en moins de trois ans.
Ce chiffre rappelle l’importance de travailler sur la durée de vie des équipements. La fabrication concentre une part importante de leurs impacts environnementaux : conserver, réparer, réemployer et reconditionner constitue donc un levier essentiel pour réduire l’empreinte du numérique.
Pour les administrations comme pour les particuliers, la sobriété matérielle commence ainsi par une question simple : pouvons-nous utiliser plus longtemps les équipements que nous possédons déjà ?
Déconstruire les idées reçues sur le numérique
Le numérique reste souvent perçu comme immatériel, alors que ses impacts reposent sur des réalités très physiques : extraction de matières premières, fabrication des équipements, infrastructures, consommation d’énergie et fin de vie.
Un sondage mené auprès de la communauté MiNumEco montre que plusieurs idées reçues restent particulièrement difficiles à déconstruire.
Parmi les affirmations proposées :
- 🤖 « L’IA compense son impact » arrive en tête des idées reçues identifiées ;
- 📧 « Trier ses mails, c’est la clé » continue de concentrer une partie importante de l’attention ;
- ☁️ « Le cloud a un impact minime » reste également une perception répandue.
Ces résultats rappellent l’importance de hiérarchiser correctement les impacts afin de concentrer les efforts sur les actions réellement structurantes.
Caméra allumée ou éteinte : remettre les gestes à leur juste place
La série « Avant / Après grâce à l’ADEME » s’intéresse également aux usages de la visioconférence.
Couper sa caméra peut réduire les données échangées pendant une réunion, mais ce type de geste doit être replacé dans une approche plus globale.
Les principaux leviers restent notamment liés à la durée de vie des équipements, leur fabrication, la conception des services numériques et la maîtrise des infrastructures et des usages.
L’objectif n’est donc pas d’accumuler de petits gestes déconnectés les uns des autres, mais de comprendre leur ordre de grandeur pour agir en priorité là où les impacts sont les plus importants.
À retenir
- 🌍 Les impacts du numérique sont matériels : équipements, ressources, infrastructures et énergie doivent être pris en compte.
- 🤖 L’IA doit être questionnée sur sa finalité, pas uniquement sur ses performances.
- 👥 Sensibiliser est indispensable, mais doit déboucher sur l’action.
- 🧭 Les référentes et référents NumEco permettent d’ancrer la transformation dans les ministères.
- ♻️ L’écoconception doit être adaptée aux usages et aux contraintes de chaque secteur.
- 📱 Allonger la durée de vie des équipements reste un levier majeur.
- 🧠 Déconstruire les idées reçues permet de mieux hiérarchiser les actions et d’éviter de concentrer les efforts sur des gestes secondaires.
Comprendre pour mieux choisir
Cette huitième lettre met en évidence un même fil conducteur : la qualité de l’action dépend d’abord de notre capacité à comprendre correctement les impacts.
Mesurer, former, partager les retours d’expérience et documenter les ordres de grandeur permettent de prendre de meilleures décisions, qu’il s’agisse de concevoir un service, d’utiliser l’intelligence artificielle, de gérer un parc d’équipements ou de mobiliser les agents publics.
C’est ainsi que le numérique responsable peut progressivement devenir une composante naturelle des choix numériques de l’État.
Découvrir la Lettre #8 de la MiNumEco
Retrouvez l’édito, les épisodes de MiNumÉchos, les portraits des référents NumEco, les ressources sur l’écoconception et l’ensemble des contenus de cette édition.
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