Lettre #10 – Faire mieux avec moins : vers un numérique public plus frugal
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Faire mieux avec moins : cette dixième lettre de la MiNumEco explore les différentes facettes d’un numérique public plus frugal.
Intelligence artificielle, consommation électrique, protection des données, réparation des équipements ou encore retours d’expérience ministériels : cette édition rassemble des ressources pour interroger nos besoins et construire des services numériques utiles, maîtrisés et plus sobres.
Édito
La rentrée confirme une tendance de fond : la question de la frugalité numérique prend une place croissante dans les réflexions sur la transformation numérique de l’État.
Face à l’accélération des usages, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle, il devient essentiel de continuer à questionner les ressources que nous mobilisons : énergie, équipements, infrastructures, données et puissance de calcul.
Faire du numérique responsable ne signifie pas renoncer à l’innovation. Cela implique au contraire de mieux définir les besoins, de choisir les solutions adaptées aux usages et de chercher à obtenir le meilleur service possible avec les ressources réellement nécessaires.
Cette nouvelle lettre propose plusieurs regards sur cette approche : travaux sur le numérique frugal, consommation électrique de l’IA, témoignages d’expertes et d’experts, retours des ministères, réparation des équipements et nouvelles ressources audio.
Autant de pistes pour continuer à transformer concrètement nos pratiques.
Mélanie Raphaël
Pilote de la Mission interministérielle numérique écoresponsable – DINUM
Faire de la frugalité un principe de conception
Le numérique frugal invite à revenir à une question simple : de quoi avons-nous réellement besoin pour rendre le service attendu ?
Cette démarche consiste à éviter le surdimensionnement des équipements et des infrastructures, limiter les fonctionnalités superflues et privilégier des solutions adaptées aux usages.
Un dossier consacré au numérique frugal par Acteurs publics et la journée Acteurs Public Solutions autour du principe « less is more » permettent d’explorer cette approche et ses applications concrètes dans le secteur public.
L’enjeu dépasse la seule réduction des impacts environnementaux : des services moins complexes et moins gourmands en ressources peuvent également être plus simples à maintenir, plus robustes et plus accessibles.
Intelligence artificielle : regarder aussi la consommation électrique
L’essor de l’intelligence artificielle soulève de nouvelles questions sur la trajectoire énergétique du numérique.
Le rapport publié par The Shift Project sur la consommation électrique de l’IA contribue à documenter ces enjeux et à interroger l’évolution des besoins en infrastructures et en puissance de calcul.
Pour les administrations, cette réflexion invite à ne pas considérer l’IA uniquement sous l’angle de ses performances ou de ses nouveaux usages, mais à prendre également en compte les ressources nécessaires à son fonctionnement.
Cela suppose notamment de questionner la finalité du service, le choix du modèle, la quantité de données mobilisée et le niveau de performance réellement nécessaire.
Concevoir une IA sobre et utile
Dans la série « Paroles d’expertes », Virginie Rozière, directrice du numérique du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, revient sur une question centrale : comment concevoir une intelligence artificielle à la fois utile, performante et sobre dans l’administration publique ?
L’enjeu est de partir du besoin plutôt que de la technologie et de rechercher une forme de proportionnalité entre le service attendu et les ressources mobilisées.
Une approche particulièrement importante pour le secteur public, où l’innovation doit rester au service des missions et des usagers.
Numérique responsable et protection des données
La responsabilité numérique concerne également la manière dont les données sont collectées, utilisées et protégées.
Dans un nouvel épisode de « Paroles d’expertes », Eve Jullien revient sur les enjeux liés à la protection des données personnelles et aux bonnes pratiques permettant de limiter les risques.
Sobriété des données et protection de la vie privée peuvent d’ailleurs converger : ne collecter que les données réellement nécessaires, limiter leur conservation et maîtriser leurs usages participent à la fois à une meilleure gouvernance de l’information et à une approche plus responsable du numérique.
DiploIA : penser une IA sobre et souveraine
La deuxième saison du podcast MiNumÉchos permet également d’explorer les enjeux liés à l’intelligence artificielle sous différents angles.
Le dernier épisode consacré à DiploIA, avec Virginie Rozière et Jean-Yves Mahé, interroge la possibilité de construire une intelligence artificielle à la fois sobre et souveraine au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Plus largement, cette saison croise différents regards sur les finalités de l’IA, ses impacts environnementaux, son potentiel pour la transition écologique et les moyens de sensibiliser les agents publics.
🎧 Une saison consacrée à l’IA responsable
- Virginie Rozière et Jean-Yves Mahé – Une IA sobre et souveraine, est-ce possible ?
- Gilles Vermot Desroches – L’IA peut-elle aider à la transition écologique ?
- Henri Verdier – IA et environnement : deux défis indissociables ?
- Morgane Chanvillard – Sensibiliser les agents publics avec la Fresque du numérique.
- Fabienne Tatot – Quelle finalité pour l’IA ?
Les référentes et référents NumEco au cœur de la transformation
Cette lettre poursuit également la série de portraits consacrée aux référentes et référents numérique écoresponsable des ministères.
Avec Thierry Lochon, du ministère de la Transition écologique, elle met en lumière le rôle de celles et ceux qui portent concrètement les feuilles de route NumEco au sein des administrations.
Mesurer les impacts, identifier les priorités, mobiliser les métiers et adapter les orientations interministérielles aux réalités de chaque ministère : ce réseau joue un rôle essentiel pour faire du numérique responsable une démarche opérationnelle et durable.
Réparer plutôt que remplacer
La sobriété passe aussi par une action très concrète : faire durer nos équipements.
Les Repair Days, organisés du 16 au 19 octobre, rappellent l’intérêt de développer une véritable culture de la réparation.
Prolonger la durée de vie d’un ordinateur ou d’un smartphone permet d’éviter ou de retarder la fabrication d’un nouvel équipement, alors que cette phase concentre une part importante de leurs impacts environnementaux.
Réparation, maintenance, réemploi et reconditionnement constituent ainsi des leviers indispensables pour réduire les impacts du parc numérique public.
Les Assises publiques du numérique responsable
Le 1er octobre, les Assises publiques du numérique responsable ont également réuni les acteurs engagés dans la transformation numérique de l’État.
Sobriété, souveraineté, inclusion, accessibilité et transition écologique : ces échanges illustrent la nécessité d’aborder le numérique responsable de manière globale et de faire dialoguer les différentes politiques publiques concernées.
À retenir
- ⚡ La croissance de l’IA pose une question énergétique majeure : ses usages doivent être mis en regard des ressources mobilisées.
- 🎯 La frugalité commence par le besoin : choisir la solution adaptée plutôt que maximiser systématiquement les moyens techniques.
- 🤖 Une IA responsable doit être utile, sobre et maîtrisée.
- 🔐 La sobriété concerne aussi les données : limiter leur collecte et leur conservation peut renforcer à la fois responsabilité et protection.
- 💻 Faire durer les équipements reste l’un des leviers les plus efficaces pour réduire leur empreinte.
- 👥 Les référentes et référents NumEco transforment les orientations en actions concrètes dans les ministères.
Faire mieux avec les ressources disponibles
Les différents contenus de cette dixième lettre convergent vers une même idée : la transformation numérique ne doit pas nécessairement signifier toujours plus de ressources, de puissance ou d’équipements.
Interroger le besoin, mesurer les impacts, concevoir des services proportionnés, protéger les données et prolonger la durée de vie des matériels permettent de construire un numérique public à la fois plus sobre, plus maîtrisé et plus durable.
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