Quelles sont les alternatives à l’achat du neuf ?

Les équipements reconditionnés

A l’échelle du cycle de vie d’un matériel numérique, la fabrication concentre la majorité des impacts environnementaux. Acquérir un équipement reconditionné plutôt qu’un matériel neuf est un geste particulièrement efficace pour réduire les impacts environnementaux tout en obtenant un impact social positif : le reconditionnement crée de l’emploi, souvent pour l’insertion des publics précaires.

De nombreux acteurs proposent ce type d’équipements. En particulier, les structures inclusives que sont les structures de l’insertion par l’activité économique ou celle du secteur adapté et protégé (secteur du handicap) qui développent depuis de nombreuses années une offre en reconditionnement / valorisation des matériels informatiques et de télécommunication. Cette offre, alliant qualité sociale et qualité environnementale, constitue un levier efficace pour développer les achats responsables.

D’un point de vue environnemental, un équipement reconditionné est un équipement qui n’est pas fabriqué. D’un point de vue économique, le coût est moindre pour un service rendu équivalent.

Il est nécessaire de sensibiliser les acheteurs et les utilisateurs pour adopter ces nouveaux processus et usages.

Cette bonne pratique est très adaptée aux petites structures (microentreprises, associations, particuliers…), mais elle reste encore marginale au sein de grandes entreprises ou encore des achats publics.

La location d’équipements

La location est une alternative à l’achat des équipements numériques. Cette pratique permet à l’organisation d’ajuster son parc au besoin de chaque utilisateur et de faire face à des urgences ou à des besoins ponctuels. Cette approche est un des axes forts de l’économie circulaire : « l’économie de la fonctionnalité » c’est à dire acheter l’usage plutôt que le bien.

La location est bénéfique pour l’environnement si la durée totale de location est supérieure à la durée totale d’utilisation en propre. Par exemple, c’est le cas si deux organisations louent la même unité centrale 3 ans (donc 6 ans au total) alors qu’une seule organisation l’aurait utilisée 4 ans sans s’assurer d’un réemploi au bout des 4 ans.

La location peut également présenter un intérêt comptable, fiscal et financier, selon les cas et la situation de l’acheteur :

  • pas d’immobilisation ;
  • pas de TVA à avancer sur le prix du matériel ;
  • les loyers n’entrent pas dans le bilan (charges d’exploitation) ;
  • encouragement financier à ne conserver que les matériels nécessaires (gestion plus rigoureuse des inventaires de parcs) ;
  • gestion de la fin de vie des équipements à la charge du loueur.

Attention tout de même à porter une attention particulière au devenir des équipements lorsqu’ils quittent l’organisation. Leur réemploi doit être un engagement contractuel du loueur. Si besoin, il peut être nécessaire de fixer un seuil minimum de réemploi du parc. Cette possibilité est surtout vrai pour les marchés non soumis aux règles de la commande publique.

Cette démarche encourage les loueurs et les constructeurs à proposer des matériels de meilleure qualité (réduction de la maintenance), plus pérennes (voire évolutifs), plus solides, éco labellisés. Elle ralentit ainsi l’obsolescence des matériels. Cette approche doit être analysée en amont de tout projet achat ; elle s’avèrera pertinente en fonction de la politique d’achat de la structure et des caractéristiques du besoin : quelle est la politique de renouvellement du parc informatique par exemple (quelle est la durée d’amortissement pratiquée ?), quelle est la politique de gestion de la fin de vie des équipements (revente ou pas ?), quel est le besoin des utilisateurs (besoins bureautiques simples ou besoin en équipements plus performants), etc.